jeudi 16 juillet 2009

Et si le PQ proposait l’indépendance ?

Avez-vous lu Le PQ et ses nombreuses stratégies pré-référendaires par Jean-Luc Autret, auteur du blogue Montréalais d’origine ? Le blogueur y dresse une liste des différentes stratégies utilisées par le PQ au fil des ans. Ce billet est comme un « coup de masse » en plein front pour un militant indépendantiste, une invitation (ou plutôt une obligation) à la remise en question du discours et des stratégies mis de l’avant par le PQ. À lire ce chapelet sémantique on en vient à se demander: "et si le PQ proposait l'indépendance ?".

À l’instar d’Autret, je pense que le PQ, s’il veut convaincre de la justesse de l’indépendance, doit énoncer clairement son option, l’expliquer avec cohérence et la défendre avec constance. Pour l’instant, le parti fait tout le contraire.

À mon avis, une des causes principales de cette situation est la concurrence au sein du parti de deux objectifs contradictoires: 1) la prise du pouvoir provincial et 2) la réalisation de l'indépendance. Le PQ ajuste donc son discours et son programme en fonction de l'un de ces deux objectifs c'est-à-dire un discours provincialiste lors des élections (quitte à ne pas être cohérent avec le projet d'indépendance) et un discours souverainiste lors des référendums. Ce qui crée une grande confusion chez l'électorat et démobilise les militants.

Comment voulez-vous convaincre de la pertinence du projet de pays ou de votre compétence à le réaliser avec un tel discours ?

Je pense que le PQ aurait avantage à unir ces deux objectifs au sein d’une même stratégie ce qui éviterait cette dichotomie du discours. Il y aurait sans doute plusieurs moyens de réussir cette union. Pour ma part, je soutiens que
l’élection décisionnelle serait une méthode efficace. Imaginons le PQ (ou une coalition de partis) s’engageant à réaliser l’indépendance s’il obtient une majorité des voix exprimées (50 % + 1) sur la base d’une plate-forme électorale clairement indépendantiste. Cette approche modifierait profondément la donne et permettrait

1) de débattre ouvertement de l’indépendance ;

2) d’atténuer (voir d’éliminer) la concurrence entre gouvernance provinciale et projet de pays ;

3) de mobiliser les militants de manière efficace ;

4) de convaincre plus facilement les indécis ;

5) de s’assurer du respect de la décision du peuple considérant qu’une élection n’est pas encadrée par le Loi C-20 qui exige une majorité qualifiée lors d’un référendum.


Je crois que le PQ est mûr pour une réorientation stratégique. Il ne peut leurrer les militants éternellement.

Ma conjointe, Mme Casimir, me disait dernièrement : « Le PQ a réalisé un hold-up de l’idée d’indépendance au profit de ses objectifs de gouvernance provinciale!».

J’ajouterais : « Le magot est en lieu sûr et les policiers ont cessé les recherches pour le retrouver. ».
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samedi 11 juillet 2009

Souveraineté réelle ou imaginaire ?

Un argumentaire cohérent et convainquant en faveur de l’indépendance est indispensable afin d’obtenir un appui majoritaire au projet de pays. On ne le dira jamais assez. À mon avis, il existe deux défis à relever à ce chapitre :

1) démontrer la différence entre les pouvoirs d’une province et les pouvoirs d’un pays,

2) démontrer les conséquences négatives pour une nation d’un manque de contrôle sur une partie importante des pouvoirs politiques.

La nation québécoise ayant toujours exercé ses pouvoirs politiques dans le cadre d’un État colonial et, depuis 1867, d’un État provincial, il devient difficile pour ses citoyens d’identifier les pouvoirs des pays souverains et d'en évaluer l’importance pour le développement d’une nation
.

Je vous invite à lire Souveraineté bien réelle rédigé par Louis Bernard en réponse à La souveraineté imaginaire par Mario Polèse. Louis Bernard y traite des pouvoirs qui nous font défaut et de la pertinence de les obtenir par la souveraineté politique.

Bonne lecture !
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jeudi 9 juillet 2009

Aéroport Montréal-Trudeau: le Québec n’existe pas

Il y a quelques jours j’ai passé deux heures à l’Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau (Montréal-Trudeau). L’expérience fut troublante. Les transports aériens sont sous juridiction fédérale donc aucune visibilité pour l’État québécois. De plus, la langue anglaise est prédominante. Normal me direz-vous, nous sommes en présence de voyageurs de partout dans le monde et l’anglais constitue un moyen de communication efficace. Donnons la chance au coureur…

J’avais du temps à tuer alors j’ai décidé de m’acheter un peu de lecture. Devinez le journal le mieux positionné et publicisé : The Globe and mail. Non pas Le Devoir, La Presse ou The Gazette, mais le très torontois Globe and Mail ! J’explore plus à fond la boutique : des dizaines et des dizaines de souvenirs pour les touristes. Partout le rouge et la feuille d’érable. J’ai beau chercher, absolument rien représentant le Québec. Je m’informe à la caissière « avez-vous des souvenirs du Québec ?». Elle me répond avec des yeux emplis d’incompréhension : « non !?».

Ce n’est pas terminé, une petite discussion avec une employée d’Air Canada m’apprend qu’ici la langue de travail c’est l’anglais. On échange entre employés en anglais. «C’est l’habitude », me répond-elle. Normal me direz-vous,
la loi 101 n’est pas reconnue par le gouvernement canadien…

C’est simple, un aéroport c’est une fenêtre sur le monde et la communauté internationale ne doit pas savoir que le Québec existe. C’est le Canada qui transige avec le monde!

Rien de nouveau sous le soleil, rappelez-vous le Sommet des Amériques tenu à Québec en 2001. Le gouvernement du Québec n’avait pas obtenu le droit de parole et
s’était rabattu sur un écran géant à l’entrée du Centre des Congrès pour faire valoir son point de vue. Rappelez-vous Stephen Harper et Michaëlle Jean venus chanter la fondation du Canada lors de la cérémonie officielle du 400e de la ville de Québec le 3 juillet 2008. Rappelez-vous l’omniprésence du gouvernement du Canada au cœur du Vieux-Québec, lieu d’affluence de touristes en provenance du monde entier.

Le Québec n’existe même pas (ou si peu) sur son propre territoire lorsqu’il est question de visibilité internationale. Alors, avis à ceux qui pensent qu'il rayonne sur la scène internationale. Le Québec n’existe pas dans le monde! Les chansons de Céline Dion et les prouesses du Cirque du Soleil n’y changeront rien…
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mercredi 1 juillet 2009

Québécois ou Canadiens français ?

Billet en réponse à Définition de « Québécois » par Christian Rioux.

Monsieur Rioux, je vous le concède il subsiste encore de la confusion sur la notion de Québécois, mais la définition de la nation que vous proposez dans un récent billet me paraît grandement ambiguë. Il existe des raisons historiques et politiques derrière l'appellation Québécois.

Depuis la Révolution tranquille, le terme Québécois a remplacé progressivement le terme Canadiens français ouvrant la porte à une définition politique de la nation. Les Québécois ont décidé de s'investir pleinement dans l’État québécois tournant le dos en bonne partie au Canada. Dans les provinces canadiennes aussi, le terme Canadiens français a été remplacé par Franco-Manitobains, Franco-Ontariens, etc. Les liens entre Québécois et francophones des autres provinces se sont redéfinis. Le Canada français d’un océan à l’autre dans lequel nos ancêtres ont cru et investi n'existe plus. Il s'est évanoui progressivement à mesure que nos ancêtres prenaient conscience que le pacte entre deux nations sur lequel s’était construit le Canada est un mensonge.

Aujourd’hui, les Québécois, qu’ils désirent sortir du Canada ou le renouveler pour y demeurer, construisent une nation politique incluant l’ensemble des habitants du territoire. Certes, la transition entre la nation culturelle et cette nation politique n’est pas achevée. Elle se fait par à-coups, elle est source de conflits et de confusion à l’occasion. On ne redéfinit pas un peuple sans accrochage.

Par contre, dans mon esprit une chose est certaine, les Québécois ne reviendront jamais en arrière pour célébrer leur appartenance canadienne-française. Ils célèbrent leur nation le 24 juin dans la langue officielle et la langue commune d'usage du Québec, la langue française.
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dimanche 21 juin 2009

Marche de mobilisation pour l'indépendance (prise 2)


Les organisateurs de la Marche de mobilisation pour l’indépendance du Québec profitent du défilé de la Fête nationale pour inviter les « […] Québécoises et aux Québécois de tous les âges et de toutes les origines à manifester à nouveau pour l’indépendance du Québec, de façon pacifiste, joyeuse, unitaire et non partisane […]».

Je n’ai jamais été un chaud partisan des manifestations, mais devant l’inaction des leaders politiques souverainistes nous devons nous mobiliser. La volonté de ce groupe de jeunes de réunir l’ensemble du mouvement souverainiste/indépendantiste constitue leur principale force. Pas de gauche, pas de droite, pas de référendistes, pas de purs-et-durs, pas de Néo-Québécois, pas de Québécois de souche : seulement des indépendantistes dans la rue !

Le départ aura lieu le 24 juin à 12h30 au parc Baldwin (rue Fullum coin Sherbrooke) à Montréal.

Voir le communiqué officiel :
ici

J'invite les blogueurs à diffuser cette information et les internautes à joindre le groupe Facebook de la Marche.

Bonne marche !
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samedi 20 juin 2009

L'indépendance comme outil de développement économique

Les Québécois en désaccord ou indécis face à l’indépendance politique du Québec mentionnent souvent la faiblesse des arguments apportés par les indépendantistes afin de justifier leur position. Que ce jugement soit mérité ou non, un argumentaire cohérent et en phase avec le contexte politique, économique et social actuel est fondamental pour l’adhésion d’une majorité de Québécois au projet de pays.

Je vous invite à lire
Une nouvelle donne pour la souveraineté du Québec par Pierre Paquette du Bloc Québécois qui constitue un bel exemple d’argumentaire, principalement économique dans le cas présent, en faveur de l’indépendance. L’auteur, prenant appui sur la crise économique actuelle, y traite des intérêts économiques divergents de l’État canadien et de l’État québécois notamment en matière de commerce international et de développement durable.

Je vous laisse sur cet extrait, histoire de vous mettre en appétit….

Dans certains de ces domaines, le Québec pourrait sous le régime fédéral actuel,
récupérer certains pouvoirs et il ne doit pas s’en priver. Cependant, seul un
Québec souverain pourra avoir la marge de manœuvre politique et financière pour
établir des politiques cohérentes là où, actuellement, les initiatives
québécoises sont souvent contrecarrées par une myriade de programmes et de
mesures en provenance du fédéral qui poursuivent des fins contradictoires. Comme
société, nous avons un intérêt fondamental à récupérer tous les leviers pour
aller de l’avant vers nos objectifs collectifs de développement social,
culturel, économique et environnemental.

Bonne lecture !
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dimanche 14 juin 2009

Il existe des alternatives au Plan Marois

Ce billet est en réponse à l’article La culture du NON doit se transformer en culture du OUI par Luc Archambault.

Monsieur Archambault, vous avez le droit d’endosser le « Plan pour le Québec souverain » du PQ, mais de dire que ceux qui le critiquent n’ont rien à proposer est fallacieux. Il existe des alternatives que vous soyez en accord ou en désaccord.

1) Québec solidaire propose une démarche inspirée de la démocratie participative, voir leur
programme.

2) Les Porteurs du pays, un groupe d’indépendantistes, ont proposé une élection décisionnelle (50% + 1) portée par une coalition de partis (voir le Projet de Pacte)

À lire à ce sujet sur Vigile :

L’impasse référendaire toujours d’actualité (Claude Bariteau, 13 juin 2009)

Un mandat clair (Patrice Boileau, 27 mai 2009)

3) Le Parti indépendantiste dans un texte récent propose une élection référendaire.

Il y des propositions sur la table et j’en oublie assurément. Il faudrait accepter d’ouvrir le débat.
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